Conjoncture — bâtiment & second œuvre

Le rebond attendu n'a pas eu lieu. La FFB elle-même vient de le reconnaître.

En mars 2026, la FFB tablait encore sur une progression de l'activité de +2,1% pour l'année. Six mois plus tard, sous une nouvelle direction, elle annonce l'inverse : un recul de 0,3%, et 2027 s'annonce plus dure encore.

-0,3% Recul de l'activité du bâtiment attendu en 2026, annoncé par la FFB le 15 septembre — après un rebond qui n'a finalement pas eu lieu.
-12,3% Recul cumulé de l'activité du bâtiment sur quatre ans (2022-2026) — au plus bas niveau depuis la fin des années 1990.
20 000 Emplois détruits dans le bâtiment sur la seule année 2026 (intérimaires et non-salariés compris) — près de 60 000 sur quatre ans.
321 000 Mises en chantier de logements en rythme annuel mi-2026, selon la FFB — loin de l'objectif national de 430 000 logements par an fixé par le gouvernement.
-5,7% Recul des surfaces autorisées en non résidentiel neuf sur les douze mois à fin juillet 2026 (SDES) — un segment que beaucoup d'entreprises de second œuvre travaillent en complément du logement, et qui continue de se dégrader pendant que le logement se redresse partiellement.
≈ 12 000 Défaillances d'entreprises du bâtiment attendues sur l'année 2026 selon la FFB — un niveau resté élevé, comparable à 2025, malgré un léger repli sur les huit premiers mois.

Sources : Fédération Française du Bâtiment (FFB) — conférences de presse des 23 juin et 15 septembre 2026. SDES — construction de locaux, données à fin juillet 2026. INSEE — révision de la croissance France 2026. Dernière mise à jour : 25 septembre 2026.

Climat économique et politique

Le bâtiment n'est pas seul en cause.

Une tension énergétique venue du Moyen-Orient, une dette publique qui atteint des niveaux inédits, un État qui emprunte plus cher qu'à aucun moment depuis 2009, et une échéance présidentielle qui installe déjà son attentisme chez les décideurs économiques : le contexte français ne joue pas en faveur d'une reprise rapide, quel que soit le secteur.

0,4% Croissance de la France attendue en 2026 selon l'INSEE — revue à la baisse depuis 0,7% il y a quelques semaines.
119,3 → 121,7% Dette publique française en 2026, puis en 2027, selon la trajectoire transmise par Bercy le 19 septembre — le plus haut niveau jamais enregistré depuis le début des séries trimestrielles de l'INSEE (1995, année où la dette n'atteignait qu'environ 55% du PIB).
5,4% Déficit public attendu en 2026, contre 5,0% initialement visé.
4%+ Taux d'emprunt de l'État français (OAT à 10 ans), franchi mi-août pour la première fois depuis 2009 — c'est ce taux, pas directement les décisions de la BCE, qui tire les taux de crédit immobilier à la hausse.
30 sept. → 6 oct. Calendrier du budget 2027 : présentation en Conseil des ministres puis dépôt à l'Assemblée, sans majorité claire pour s'accorder sur l'ampleur de l'effort à fournir.
90 $ Prix du baril de Brent, contre environ 68 dollars un an plus tôt — la tension au Moyen-Orient pèse sur l'énergie et sur l'inflation, qui a poussé la BCE à relever ses taux à deux reprises depuis juin.

Sources : Ministère de l'Économie et des Finances, Haut Conseil des finances publiques (19 septembre 2026). Observatoire Crédit Logement/CSA. Agences de notation S&P, Moody's, Fitch. Dernière mise à jour : 25 septembre 2026.

Ce que ça change concrètement

Dans un marché qui recule sans se stabiliser, le carnet ne se remplit plus au même rythme pour tout le monde.

Un marché qui recule pour la quatrième année consécutive, sans qu'aucun rebond ne vienne compenser, n'est pas un marché plus facile à lire. Les entreprises qui vivaient sur un réseau de clients réguliers ou sur le bouche-à-oreille ressentent en premier le resserrement du flux naturel — sans réflexe de prospection déjà en place pour compenser. Reconstruire un pipeline commercial prend en général plusieurs mois, pendant lesquels la masse salariale, elle, continue de tourner.

Le contexte français ne joue pas en faveur d'une reprise rapide. La dette publique atteint son plus haut niveau depuis le début des séries statistiques de l'INSEE (1995), l'État lui-même emprunte au-dessus de 4% pour la première fois depuis 2009, et le budget 2027 s'annonce sans majorité claire pour trancher l'effort à fournir. Une échéance présidentielle en avril 2027 installe déjà son climat d'attentisme chez les décideurs économiques. Aucun de ces éléments, pris isolément, ne détermine l'activité d'une PME du second œuvre — ensemble, ils réduisent la visibilité à 12 mois pour tout le monde, y compris pour des entreprises dont le carnet reste, aujourd'hui, encore plein.

Le non résidentiel — commerces, bureaux, locaux d'activité — reste le segment qui continue de reculer pendant que le logement se redresse. Pour une entreprise de second œuvre qui travaille sur les deux marchés, c'est précisément là que l'écart entre ceux qui voient les chantiers arriver et ceux qui les découvrent par hasard se creuse le plus.

Voir les chantiers avant qu'ils partent en appel d'offres n'est jamais un luxe. Dans ce marché, c'est un amortisseur.

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